TEMOIGNAGE DE CECILIA

Je m'appelle Cécilia, je suis mariée et j'ai deux enfants. Je suis enseignante de formation (professeur d'allemand). J'ai grandi à Nantes dans une famille unie. Avant de rencontrer personnellement Jésus, j'étais catholique pratiquante, c'est-à-dire que j'allais à la messe tous les dimanches et que je faisais même partie de l'équipe de laïcs qui s'occupait de préparer les offices (choix des chants, accueil des fidèles, élaboration des mises en scènes pour les célébrations festives.)

C'est ma famille qui m'a transmis sa tradition religieuse, et je l'en remercie, car j'ai pu ainsi m'intéresser à Jésus et à Dieu, puisque j'ai très tôt eu la pensée qu'il devait bien y avoir un Créateur à toutes choses, tant la nature est merveilleuse de simplicité et de complexité tout à la fois. Ma vie s'est de manière générale déroulée sans problèmes (bonne santé, bonne scolarité), à se demander comme Satan à Dieu à propos de Job en Job 1 :10  : « Ne l'as-tu pas protégé , lui, sa maison, et tout ce qui est à lui ? » Et j'ai constaté que toutes les choses positives qui m'étaient arrivées (rencontre avec mon mari, réussite à un concours qui me tenait à cœur, venue de notre premier enfant) s'étaient produites à des moments où j'étais prête à y renoncer tant elles tardaient à venir.

On voit là que ma nature me portait à être plutôt impatiente : je voulais les choses tout de suite. Ce n'était pas mon seul défaut ; je crois que j'étais orgueilleuse (je n'ai par exemple jamais accepté mes multiples échecs à l'agrégation, alors que l'avoir à présent ne me rend pas plus intelligente ou meilleure prof pour autant).Or il est écrit en Proverbes 16 :18  : « L'arrogance précède la ruine ,/Et l' orgueil précède la chute. » Tandis que « Celui qui réfléchit sur les choses trouve le bonheur,/ Et celui qui se confie en l'Eternel est heureux. » ( Pr 16 :20 ) – mais ça, je ne le savais pas encore. Et enfin, j'étais rancunière et vindicative : je savais très bien dire la parole blessante qui me vengeait de ce que j'estimais être une vexation, tout le contraire du verset 24 en Proverbes 16 toujours : « Les paroles agréables sont un rayon de miel,/ Douces pour l'âme et salutaires pour le corps. »

Ma conversion a eu lieu le 17 novembre 2004 à Saint Simon, lors d'un déjeuner chez des amis chrétiens. Deux éléments ont conduit à ma conversion. Le premier, c'est l'exemple de comportement de chrétiens, et le second, c'est le contexte qui a abouti à ma conversion.

L' exemplarité , c'est-à-dire ce qu'un chrétien donne à voir aux autres, est quelque chose de très important. L'apôtre Paul (aussi appelé Saul, un zélé persécuteur de Jésus) a dit en I Timothée 1 :16  : « Mais j'ai obtenu miséricorde, afin que Jésus Christ fasse voir en moi le premier toute sa longanimité, pour que je serve d' exemple à ceux qui croiraient en lui pour la vie éternelle. » En ce qui me concerne, j'habite dans un lotissement où ont vécu deux familles de pasteurs américains, ainsi que d'autres familles chrétiennes, et j'ai remarqué chez eux quelque chose en plus : une sérénité, une assurance, une simplicité, une disponibilité, un souci d'autrui, un sourire qu'on n'a pas l'habitude de voir souvent.

Le second élément qui a vu ma conversion est un déjeuner chez des amis chrétiens. Le déjeuner en question intervenait quelques jours après que j'avais assisté en tant que traductrice de secours à un séminaire de guérison divine organisé par une église évangélique et dirigé par un couple allemand invité pour l'occasion. Il s'agissait pour moi de rendre un service puisqu'à l'époque j'étais catholique pratiquante et que les bonnes œuvres étaient de rigueur. On m'avait prévenue que je risquais d'être surprise, mais que toutes mes questions seraient les bienvenues. Et j'avais des questions, d'où le déjeuner. A chaque question, on me répondait Bible à l'appui – c'était même moi qui lisait les passages. Et j'en suis venue à demander en substance : quel rapport avez-vous avec Dieu ? Et je compris que nous ne vivions pas la même chose. Moi, je croyais bien que Dieu existe comme Créateur de toute chose, je croyais que le message d'amour de Jésus Christ était le plus vrai et je croyais que la vie ne pouvait pas s'arrêter après le mort, sans quoi c'eût été un énorme gâchis. Mais je croyais tout cela avec ma tête et non avec mon cœur. Or je voyais bien que pour eux, il y avait infiniment plus. Ils semblaient vivre une communion véritable et quotidienne avec Christ, ce qui les rendait joyeux et confiants. Alors l'un des convives m'a demandé : Mais est-ce que toi aussi tu veux connaître cela ? J'ai hésité un instant car je sentais bien que cela allait impliquer de gros changements et j'en avais un peu peur. Mais en même temps, ça semblait ne pas trop mal réussir aux autres chrétiens que je connaissais. J'ai donc répondu : oui.

Alors l'un des convives m'a invitée à répéter après lui les paroles d'une prière – j'ai su par la suite que c'était la prière de repentance – tandis que les autres m'entouraient. J'ai reconnu que j'étais pécheur, que la conséquence du péché c'était la mort – Romain 5 :12  : « …par un seul [Adam] le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort . » -- que Jésus Christ, Fils de Dieu, avait payé le prix du péché en versant son sang à la croix – I Pierre 1 : 18-19  : « … vous avez été rachetés (…) par le sang précieux de Christ … » -- qu'en demandant pardon pour mon péché et en acceptant le don de la vie du Fils pour moi, le Père m'offrait la vie éternelle – Romains 6 :23  : « Car le salaire du péché, c'est la mort ; mais le don gratuit de Dieu, c'est la vie éternelle en Jésus Christ notre Seigneur. » J'acceptai Jésus Christ comme mon Sauveur personnel. Je me voyais, insignifiante, accablée par le poids de ma culpabilité, au pied de la croix ; et Jésus, les bras ouverts et la tête inclinée vers moi m'a délivrée de ce poids. J'ai alors fondu en larmes, j'ai crié à Dieu intérieurement pour ma libération, je me suis sentie soulagée et sonnée tout à la fois. Mais il m'a fallu deux mois pour réellement comprendre que je m'étais convertie et pour quitter l'église catholique. Et il m'a fallu encore deux mois pour chercher une église évangélique.

Pendant ce laps de temps durant lequel j'étais plutôt perplexe, je commençai à vivre une relation beaucoup plus intime avec Jésus. Je lui parlais fréquemment, je pouvais désormais lui remettre mes soucis, et il me donnait une paix intérieure qui était garante de la qualité de mon sommeil. Du jour où j'ai changé de pratique religieuse, j'ai réalisé que j'avais beaucoup de chance. Je n'avais rien eu besoin de faire, Jésus m'avait sauvée du péché (c'est-à-dire de ma séparation d'avec Dieu le Père) par sa seule grâce ( Ephésiens 2 :8  : « Car c'est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi . Et cela ne vient point de vous, c'est le don de Dieu. »). Je sais que par ma foi en Jésus Christ, Dieu m'a pardonné, c'est-à-dire qu'il a sauvé mon âme en la lavant du péché (je ne suis plus coupable) et en lui offrant la vie éternelle ; il sauve mon âme chaque jour de la tentation – Romains 6 :14  : « Car le péché n'aura point de pouvoir sur vous , puisque vous êtes non sous la loi, mais sous la grâce. » -- et à la fin des temps il me ressuscitera dans un corps parfait semblable à Christ – Romains 8 :23  : « … nous soupirons en nous-mêmes en attendant l'adoption, la rédemption de notre corps. » Telle est l'assurance de mon salut.

Et c'est parce que j'ai été délivrée d'un poids (celui du péché) et parce que ma vie a un sens (je suis déjà en route pour la vie éternelle – en effet, en Jean 5 :24  : « En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui écoute ma parole, et qui croit à celui qui m'a envoyé, a la vie éternelle et ne vient point en jugement, mais il est passé de la mort à la vie. » Christ n'a pas dit « aura la vie éternelle » mais « a la vie éternelle » ; la vie éternelle, c'est déjà pour maintenant), c'est donc pour ça que ma vie a changé. Je sais que le Seigneur veut transformer ma vie pour m'offrir ce qu'il y a de mieux pour moi. Il le fait par sa Parole (la Bible) que je lis maintenant de manière régulière (« celui qui écoute ma parole  » Jean 5 :24 ), il le fait par la prière qui est un moment de louange et de ressourcement – de plus, comme le dit Jacques dans son épître, chapitre 5 verset 16  : «  La prière agissante du juste a une grande efficacité. »-- , il le fait par le culte qui est un moment d'adoration et de partage avec les autres, mes frères en Christ.

Le Seigneur m'a permis de lâcher prise (les grandes joies de ma vie d'avant y étaient déjà lié). Il a brisé mon orgueil en me montrant que je n'avais pas mes ressources en moi-même et que ma volonté ne suffisait pas à me faire surmonter les épreuves. Le Christ lui-même ne fait-il pas le volonté du Père ? Jean 5 :30  : « Je ne puis rien faire de moi-même : (…) mon jugement est juste parce que je ne cherche pas ma volonté, mais la volonté de celui qui m'a envoyé. » Ainsi, alors que je traversais un moment difficile de ma vie où je ne parvenais plus à conjuguer vie de famille et vie professionnelle à cause de l'éloignement géographique entre mon domicile et le lycée où on m'a envoyée exercer (100 km environ), et que cela faisait plusieurs années que je prenais sur moi pour y parvenir, en dépit d'un premier bébé, puis d'une seconde grossesse, j'ai craqué. J'ai constaté que je n'étais pas une « super-woman », j'ai accepté de me faire aider psychologiquement. J'ai compris dans ma chair que je ne dépendais pas que de moi. Comme le dit le prophète Jérémie (29 :16)  : « Ta présomption, l' orgueil de ton cœur t'a égaré. » Depuis, je comprends vraiment ce que veut dire s'en remettre au Seigneur. Je prie pour qu'Il guide mes choix et je lui remet chaque journée afin qu'il y œuvre pour sa gloire.

En outre, j'ai demandé à mon mari s'il avait remarqué des changements depuis ma conversion, et il me trouve moins égoïste, plus patiente, moins prompte à l'emportement. Un point cependant que l'honnêteté m'oblige à dire : j'ai encore des progrès à faire pour pardonner (même si c'est mieux qu'avant). Mais Jésus, qui m'a pardonné mes péchés, m'y aidera.

Finalement, quand j'y repense, je suis ahurie de voir à quel point un petit pas pour moi (ouvrir mon cœur au Seigneur) m'a changé la vie. Si on me demande de résumer cela, je dirai que c'est comme d'accepter un cadeau : celui qui vous l'offre ne cherche qu'à vous faire plaisir et à vous témoigner son amour. Le tout est d'accepter le cadeau comme je l'ai fait. Je laisse au prophète Esaïe 45 :21-22 le mot de la fin : « Il n'y a point d'autre Dieu que moi,/ Je suis le seul Dieu juste et qui sauve. /Tournez-vous vers moi, et vous serez sauvés,/ Vous tous qui êtes aux extrémités de la terre !/ Car je suis Dieu, et il n'y en a point d'autre. »